Oxmo « The Black Jacques Brel »* Puccino dégaine L’Arme De Paix.
Le plus prolifique des rimeurs-rappeurs français, qui oscille entre confidentialité et popularité, est devenu un vrai poids lourd de la scène hip-hop, rap, slam française. En 10 ans et 5 albums reçus diversement, Abdoulaye Diarra aka Oxmo Puccino a ciselé ses rimes et posé ses vers, dont certains sont devenus cultes. Son Lipopette Bar, véritable conte noir (dans tous les sens du terme) à la Audiard, en a rendu perplexe plus d’un qui essayait de classer l’album dans un genre ou dans l’autre, hésitant entre jazz et poésie, entre rap et parodie. L’enfant du 19ème arrondissement, élevé au lait maternisé d’argot, ex membre du projet Time Bomb, un collectif de rap qui regroupe Booba, Ali, Lunatic,… exorcise la violence qui gangrène son quartier en la mettant en prose et en vers, mâtiné d’argot, un rap d’image et de jazz, métaphorique et riche, émotif et mélancolique, qui est sa signature.
« Seven Minutes », le temps que met une injection létale à produire son effet… « 7 minutes pour vivre ma mort », une interprétation magistrale d’Emmanuel Djob
Deux hommes, deux parcours, deux énergies d’une intensité et d’une complexité similaires ; Emmanuel Djob le camerounais, la force faite voix, maître de cœur et artiste agité, sans cesse en quête de nouvelles harmonies à assembler, et Baaba Maal, ambassadeur Toucouleur parti prêcher l’harmonie africaine sur les routes du monde, sa kora et sa guitare électrique sous la voix.
Les deux hommes, au mitan de leur parcours, se sont posés un instant, l’un pour enfin accoucher de l’album le plus personnel de sa carrière, « Seven Minutes », au terme d’une gestation de dizaines d’années, et l’autre pour assembler en un collier précieux, « On the Road », les plus beaux enregistrements live de son voyage musical.
Melle Betty Boop, l’une des interprêtes de “Hummin’ to myself”
Ils ont marqué un grand coup au printemps dernier avec leur refrain entêtant - devenu le hit de la pub Mercedes Classe A « Donnez le ton » - celle ou une directrice de mode lance le style pieds nus en voyant une jeune femme sortir de sa Classe A les orteils à l’air.
Sur tous les forums, on se refilait le nom des auteurs de ce son années 40 samplé électro-sonique par un curieux trio : Chinese Man.
Le sample des chinois est la troisième vie (il y aura d’autres versions moins courues) de I’ve got that tune, né Hummin’ To Myself dans la bouche incarnat de Connie Boswell en 1932, et dans le swing trèsCoton Club des Washboad Rhythm Kings à la même époque (comme toujours dans ces années particulières, la version noire du titre sera presque totalement ignorée) avant de connaître une reprise assez insipide de la populaire Linda Ronstadt et son armada de cuivres.