Les cigales chantent haut et fort à Saint-Hippo !
août 12th, 2009 by La Pépée
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Avis à la population. Il est une nuit particulière, à Saint-Hippolyte-du-Fort, pleine d’étoiles et de cigales au top de leurs cordes vocales qui se râter ne doit sous aucun prétexte !
Saint-Hippolyte-du-Fort (30170), jolie bourgade gardoise de quelques 3700 âmes, à cheval sur la faille cévenole qui fend le paysage aride des garrigues, est adossée paresseusement au contrefort sud des Cévennes. Frontière sauvage entre le monde de calcaire du Pic du midi tout proche, elle est dominée par la rocaille de la Montagne-de-la-Fage, constituée de schistes et de granits, et traversée par les méandres paresseux du Vidourle, assoiffé par la chaleur estivale.
Il fait bon vivre à Saint Hippo, la ville aux mille et une cigales qui ont donné leur nom aux habitants, les Cigalois, à l’accent aussi chantant que les joyeux homoptères.
L’ancienne ville fortifiée aux rues fraîches, les vieilles maisons de ville aux portes et balcons ouvragés et aux murs épais comme la cuisse (la mienne), les 13 fontaines immémoriales, le temple protestant néo classique (l’un des plus grands de France), l’ancien Viaduc aux jambes élancées au dessus du Vidourle, et la Tour de guet “Saint-Jean” acoquinée à quelques pans de remparts, rappellent la prospérité passée de la ville au XVIIIème siècle, essentiellement dûe à l’industrie de la soie dont il ne reste qu’un musée de nos jours.
Aujourd’hui, subsistent encore de la grandeur passée les pierres moussues qui murmurent leur splendide passé aux sens, les vignobles qui délivrent leurs Syrah aux robes grenats et pourpres ou roses orangées, et leurs Merlot aux nez de fruits recuits, et LA fameuse tradition des Lardons, ces pétards grands comme des bougies (environ 40 cm) qui projettent leurs étincelles sur plusieurs longueurs dans un boucan de fin du monde, « réchauffant » la ville avec fracas aux soirs des 13 et 14 Juillet.
La vieille usine Jalatte, le numéro 1 en France de la chaussure de sécurité, garde ses grilles fermées depuis la délocalisation qui a mis quelques 300 âmes « à la vigne » et poussé le patron au suicide, il y a peu, mais les Cigalois ont toujours l’œil qui frisent, goguenards, quand vient l’heure de l’apéro et des palabres, quand vient l’heure de l’amitié et de la fête.
La fête, il connaissent, et surtout, la redécouvrent, depuis 3 ans, quand la grande Nuit de toutes les rencontres, LA Nuit de Saint Hippo, ouvre le bal. Car si l’ancienne légende affirmait que les Sauvains, moqueurs avaient proposé à leurs voisins Cigalois de leur acheter des femelles cigales chanteuses, raillerie éhontée puisqu’il n’y a que les mâles qui chantent, Les Nuits de Saint-Hippo prouvent une fois pour toutes que toutes les Cigaloises, comme leurs bougres, savent chanter ET danser !
![]() The Chase à l'assaut de la 3ème Nuit de Saint-Hippo ! |
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C’est donc l’heure de la 3ème édition des Nuits de… Saint-Hippo, belle rencontre musicale et gastronomique qui grandit de saison en saison, attirant dans ses vibrations un public de plus en plus large.
Il ne reste que peu de temps pour « vous en retourner » comme on dit ici, si vous étiez sur le départ, ou pour vous hâter si vous passiez par là, car d’assaut la buvette sera prise dès 19h30, avec pour mise en bouche, les meilleurs vins du comté, avant la mise en oreille assurée dès 21h par la voix envoûtante de Camel Arioui, une voix qui comme les errements du Vidourle proche, a voyagé de l’Algérie des Harkis au Sud de la France, se perdant aussi sous les contreforts de la vie, enfermée une décennie durant derrière les barreaux d’une prison, avant de rejaillir, frissonnante, aiguisée, et toujours plus profonde, des tréfonds de l’enfermement, pour crier l’humain au quotidien.
Camel Arioui réveillera donc l’âme de la soirée, avant l’entrée en piste du groupe électro-rock The Chase, un quintet montpélliérain « qu’en a » et qui le fait savoir. The Chase, c’est Cyril Douay (ex. Acrobates), Stéphane Deal, l’homme orchestre version rock, Florian Brinker aka Rinocérôse, Dominique Terrieu aka Dimoné, un Freddy Mercury du Grand Sud à la sensualité très rock dont je vous reparlerai bientôt, Laurent Guillot aka DeMaisonNeuve et Sophie Moryoussef (DM TSI).
Le groupe cartonne dans la région et au-delà, et parle aux envies d’aimer comme aux envies de danser. Ce qui tombe impeccablement bien puisque les Nuits de Saint-Hippo, c’est un peu tout ça à la fois.
La jeunesse va bouger grave, et les anciens aux mains à quatre doigts (beaucoup sont d’anciens lardonneurs qui ont perdu un pouce ou un auriculaire dans la plus grande liesse qui soit), marqueront la mesure en rêvant aux jupons des filles en espadrilles de leur temps, dont les gorges recuites par le soleil et les mollets durs rappelaient qu’elles étaient aussi gaillardes aux vignes qu’au bal !
Les 3ème Nuits de Saint-Hippo, c’est maintenant, c’est tout de suite, et c’est un très grand moment de bonheur et de chaleur.
Nuits de Saint-Hippo : Cour des Casernes, 30170, St-Hippolyte-du-Fort
Spéciale dédicace à ma sista’ pour de frais dans la vie, Mô, alias Monique Ewanjé-Epée Lewin, sans qui ces Nuits n’auraient pas vu le Jour
Et à tous ceuzes qui ont oeuvré gravement pour que la Nuit soit belle ; bénévoles de l’association ABC, commerçants,… artistes concernés, et mon très cher Beauf qu’en n’est pas z’un !
- Posté dans : 6 - Coups de coeur



août 25th, 2009 at 15 h 29 min
Salut Maryse,
Merci pour ce clin d’oeil généreux à une région et des artistes qui méritent amplement leur part de lumière. Je suis originaire d’Alès, et je sais combien ce soutien les importe. J’ai fait ta connaissance sur RMC il y a 1 an, et j’ai été conquis par le personnage. Continues donc à nous faire sourire avec tes interventions et tes réflexions “marysesques”!
A bientôt!
Karim
janvier 26th, 2010 at 10 h 57 min
[...] ce samedi, j’ai entendu Camel Arioui, et l’espoir est revenu. Il a déboulé même, comme la joie contagieuse qui émane du [...]