Kamini, trop con, trop bon !

novembre 26th, 2009 by La Pépée

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Les 1001 faces de Kamini, le trublion du hip-hop musette.

Il reste pour longtemps l’énergumène chevelu à l’accent picard qui s’évertuait dans un clip cultissime à « google-maper » Marly-Gomont, improbable village de l’Aisne. Le hit humouristique et sérieusement autobiographique contait entre deux vaches et une mobylette la vie rurale d’une famille noire dans un petit village picard, et plus généralement des jeunes « blédards » français. La maquette, refusée dans toutes les Majors, fait le tour de la Toile par la grâce d’employés amusés par la chanson. Et dès l’automne 2006, le clip vidéo tourné par l’infirmier et ses poteaux dans les champs picards, fait un tabac (je sais, c’est vieillot ; Il faut dire « buzz » de nos e-jours) sur Internet et propulse l’infirmier Kamini tout en haut de l’échelle. Rançon de la gloire, les trois panneaux indicateurs de la commune sont carottés dès l’hiver suivant, et feront place à de bons gros panneaux de béton, qui illustrent chacun un titre du héros local.


Kamini lui, poursuit son petit bonhomme de chemin, sans vraiment lâcher l’hôpital, et produisant encore quelques pépites dont le joyeux « Quand j’étais blanc », qui dénonce cette fois les différences de traitements entre français aux taux de mélanine opposés. Kamini est devenu une star en quelques semaines, et son succès, prolongé par son premier album, Psychostar World (sorti en mai 2007) commence à ressembler à une Success Story.


L’année 2008 est pourtant beaucoup plus calme, et certains mêmes s’accordent à penser le piquant picard dépassé, victime de la mode qui sacrifie ses héros d’un jour aussi vite qu’elle les a élevés.


C’est compter sans l’insolence joyeuse de Kamini, qui a plus d’une raillerie dans son sac, et qui se moque pas mal des étiquettes qu’on ne parvient pas à coller sur sa musique. Présenté comme le rapeur rural au moment de la sortie de « Marly-Gomont », il devient un rappeur-tout-court, s’attirant les suffisances des vrais, des « gros », qui défouraillent et balancent le son avec des flows de tirailleurs.


Mais, rapeur-musette, ou slameur-pop, le gars Kamini s’en balance le tempo, et il continue à découper au scalpel, ses petites tranches de vie, avec les leçons qui vont avec.


Kamini revient aujourd’hui avec un nouvel opus, Extraterrien (sortie le 27 novembre), dont un premier single « Parce qu’on est cons » a déjà été dévoilé sur son site.


Kamini le « défenseur » (son nom en Congolais), soigne nos égos, notre négligence et nos contradictions à coup de rimes et de dérision, fidèle à sa marque particulière : le ton bonhomme et l’illustration joyeuse. A consommer sans modération.



La ballade intimiste de Gérald de Palmas

Il en aura fallu des mois d’incubation, à Gérald de Palmas, pour renaître de ses envies et de ses voyages. 5 ans près « Un homme sans racines » et 12 après la « route » qui l’a mis sur celle du succès, le réunionnais revient avec un nouvel album, ciselé et habillé d’effets samplés et travaillés qui animent sa voix reconnaissable entre toutes. Pendant plus de 17 mois, Gérald De Palmas à composer, bidouillé, écrit, et refait son monde dans son studio parisien, jouant les Rémi Brica en s’essayant à tous les instruments parce qu’il « n’avai[t] pas trouvé les personnes adéquates pour travailler avec [lui] sur ce projet. » Il joue les alchimistes, grattant, et récoltant les sons de ses expériences sur l’ordinateur.


Et pour finir de mûrir son projet, il s’évade vers New York où il trouvera l’inspiration pour mixer 11 titres dont le déjà tubesque « Au bord de l’eau ». Le titre a reçu un accueil passionnés des inconditionnels du crooner réunionnais, mais ceux à venir pourraient connaître le même succès, car Gérald de Palmas, débarrassé des contraintes de sa maison de disque et de la nécessité de distiller, a produit 11 pépites pareillement travaillées, dont Pandora’s box, mon coup de coeur du moment, un duo à l’accent country rock avec Eagle-Eye Cherry, le frère de Neneh Cherry; Un groove nerveux qui voyage sérieusement sur cette route chère à De Palmas, et qui détonne dans l’univers romantique du baladin.




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